Dernière mise à jour le : 08/09/2026
Depuis 2018, l’Agefiph et l’Ifop mesurent la perception du handicap dans l’emploi. Ils ont publié le 16 septembre les conclusions de la 8ème édition de cette enquête, un an après les Jeux Paralympiques de Paris. En ressortent des enseignements contrastés : malgré une récente mise en lumière des différentes situations de handicap, des forces et des talents existants, les préjugés restent toujours aussi forts et persistants concernant l’emploi des personnes handicapées.
« Les Jeux Paralympiques ont indéniablement été un succès, et ont permis de montrer un autre visage du handicap au monde entier. Nous ne pouvons que nous en féliciter ! Cependant, les fractures liées aux représentations persistent. Elles freinent de manière persistante l’embauche et limitent la place des personnes handicapées dans le monde professionnel. Un long chemin est encore à parcourir (…) » a déclaré Christian PLOTON, président de l’Agefiph. En effet, 76% des Français estiment qu'il est difficile d'embaucher une personne handicapée. Un score historiquement élevé depuis la première édition du Baromètre où il s’élevait « seulement » à 67%. Cette perception concerne tous les publics interrogés, soit par expérience, soit parce qu’ils ont eux-mêmes intégré ces représentations. En effet, les personnes handicapées partagent ce constat : 73% d’entre elles estiment qu’embaucher une personne en situation de handicap est compliqué, idem pour les salariés (68%) et pour les recruteurs (73%).
La perception de difficultés pour l’embauche de personnes handicapées varie selon la taille de l’entreprise. Seuls 25% des dirigeants de structures de moins de 10 salariés estiment facile d'embaucher une personne handicapée, contre 42% pour les dirigeants d’entreprises de plus de 20 salariés. Cette fracture révèle un besoin de soutien et d’accompagnement pour les très petites entreprises, qui représentent l'écrasante majorité du tissu économique français. Un écart encore plus important quand on s’attarde aux secteurs professionnels. Par exemple, 37% des dirigeants du secteur du commerce estiment qu’embaucher une personne handicapée est facile… contre seulement 6% pour les dirigeants du secteur agricole. Le principal frein qui ressort pour les recruteurs demeure les contraintes financières et techniques liées à l’aménagement du poste (43%). Contrainte là encore surestimée dans la mesure où seuls 10% des recrutements supposent des aménagements du poste de travail et qu’il existe des aides et services pour aider les employeurs.
Les recruteurs se disent néanmoins majoritairement prêts à embaucher des personnes handicapées (59%), un chiffre qui monte en flèche pour les recruteurs d’entreprises ayant un référent handicap en leur sein (91%) et pour les recruteurs accompagnés par l’Agefiph (77%). Le référent handicap joue un rôle clé dans les organisations : 96% des dirigeants dont l’entreprise compte un référent handicap estiment que sa présence est essentielle pour améliorer l’inclusion des personnes handicapées. L’Ifop et l’Agefiph ont interrogé des salariés travaillant avec des personnes handicapées, et parmi elles, 80% estiment que cela leur permet de mettre en place de nouvelles manières de faire, et 64% affirment que cela ne change rien à leur quotidien.
Le handicap psychique reste la situation de handicap la moins acceptée : plus d'un tiers des salariés (34%) déclarent ne pas être prêts à travailler avec une personne en situation de handicap psychique, et seuls 16% des dirigeants jugent son intégration facile. Alors qu’en 2025, la santé mentale a été déclarée grande cause nationale, que les prises de parole de personnes concernées se succèdent et que plus d’un tiers (35%) des recruteurs interrogés ont mis en place des actions liées à la santé mentale, il est largement temps d’agir ensemble pour faire bouger les lignes.
« Notre étude met en évidence une réalité que nous constatons depuis des années : les difficultés rencontrées dans le recrutement de personnes en situation de handicap ne relèvent pas d’une mauvaise volonté, mais plutôt d’un manque de connaissance ou de compréhension. Le cœur de notre mission est donc d’apporter un accompagnement global : soutenir les personnes handicapées dans leur insertion professionnelle et, en parallèle, aider les entreprises à mieux recruter et intégrer ces collaborateurs. Dans ce cadre, le rôle du référent handicap est central et déterminant : 96% des dirigeants interrogés dans notre étude en sont convaincus ! »
En vous abonnant à AGIR Magazine – Santé et Entreprises, vous bénéficiez également de notre "encyclopédie pour la qualité de vie au travail" durant toute la durée de votre abonnement sur l’espace réservé du site Internet : Agir-mag.com.
L’interface en ligne "Abonnés" met à votre disposition :
Consultez les sommaires de l’intégralité des numéros sur le kiosque numérique.
Le recrutement de travailleurs handicapés est une obligation légale. Mais cette obligation peut devenir une réelle opportunité...! Comment voyez-vous le handicap ?