Accords sur les risques « RPS » : premier bilan
Focus les points de vigilance et les facteurs de réussite des premières négociations sur la prévention des risques psychosociaux (RPS)…
Deux ans après les premiers accords ou la mise en place de plan d’actions sur la prévention du stress dans les entreprises de plus de mille salariés, l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (ANACT) a réunit DRH, représentants du personnel et délégués syndicaux pour tirer un premier bilan des actions engagées et dégager les perspectives du dialogue social sur les conditions de travail.
3 questions à Isabelle Burens
Chargée de mission « Santé & Travail »
ANACT
« La priorité est la prévention primaire »
Agir Mag : Qu’est-ce qui a motivé le choix des indicateurs ?
Isabelle Burens : Certaines grandes entreprises parlent de stress dans un sens un peu restrictif qui colle à l’accord interprofessionnel, d’autres parlent de « RPS », d’autres sont sur une notion plus large de conditions de travail…
Ensuite les accords n’ont pas les mêmes contenus selon la maturité de l’entreprise à l’arrivée du plan Darcos.
Des accords portent sur la méthode quand d’autres inscrivent déjà le détail des actions envisagées ou parfois engagées…
Agir Mag : Quels sont les points de vigilance soulevés ?
I. B : Il y a d’abord la qualité du diagnostic et la place faite à l’expression des salariés.
On s’aperçoit à la lecture des accords que les salariés sont assez absents.
On parle d’eux comme victimes potentielles du stress mais pas en tant qu’acteurs d’un processus collectif ou destinataires des informations.
Dans les grandes entreprises, beaucoup de choses sont « imposées » en dehors du périmètre local.
Certaines actions vont être compliquées à mettre en œuvre par les managers de proximité même si ces derniers ont plus de marges de manœuvre qu’on ne le croit pour changer l’organisation du travail.
Agir Mag : Quels sont les critères de réussite en matière de prévention RPS ?
I. B : Il faut impliquer les CHSCT et les managers de proximité le plus en amont possible car ce sont des acteurs clés de la mise en œuvre des plans d’action ; ne pas seulement recueillir ce qui fait contraintes mais aussi ce qui fait ressources.
La priorité est la prévention primaire, c’est-à-dire réduire et éliminer les risques à la source avant d’outiller les personnes pour résister au stress ou mettre en place des numéros Verts.
Par ailleurs, les médecins du travail jouent un rôle moteur et sont parfois à l’origine des actions engagées.
En raison de leur obligation de confidentialité, ils peuvent identifier des difficultés individuelles et les inscrire dans des démarches prévention collective…
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