TMS : le maintien dans l’emploi
Le Dr. Claude Morgand, Médecin du travail du CMIE, a été confrontée au cas d'une salariée souffrant de plusieurs traumatismes au niveau des mains, en partie liés à l'exercice de son métier. Le premier problème s'est déclaré en 1998 et concernait la main droite. En 2004, le problème s'est étendu à la main gauche, qui est devenue inopérante.
Interview Express
Dr. Claude Morgand – Médecin du travail – CMIE
Agir Mag : Quelle ont été les solutions pour maintenir dans l'emploi de cette salariée ?
Claude Morgand : C'était un cas assez difficile, car cette personne ne pouvait plus se servir que de trois doigts de sa main droite, avec une main gauche totalement bloquée. Nous avions donc affaire à un handicap relativement lourd, avec des répercussions importantes sur le travail, puisque celle-ci était chargée de réaliser la saisie de chèques. Son travail consistait également à classer des bordereaux et à gérer des fichiers sur ordinateur. Pour faire face au handicap, le poste de travail a été aménagé, ce qui s'est traduit par le soutien d'une autre personne aidant la salariée à faire le tri des chèques, à les mettre en liasses et à les placer dans la relieuse.
Agir Mag : Ces dispositions ont-elles été suffisantes ?
C.M : Non, car du point de vue de l'employeur, il subsistait toujours un manque à gagner, puisque le rendement de cette salariée avait sensiblement baissé. C'est à ce moment-là que j'ai contacté l'Axe « Maintien dans l'emploi » pour débloquer une prime ; cette démarche avait également pour objectif de motiver l'employeur. En effet, la prime est assez substantielle et peut atteindre jusqu'à 6.000 euros. Elle permet en tout cas à l'employeur de rechercher autrement que dans l'urgence des solutions de maintien dans l'emploi. Parallèlement, nous avons organisé une formation à l'intérieur de l'entreprise pour essayer de permettre à cette salariée de faire du traitement de texte.
Agir Mag : Le maintien dans l'emploi est-il toujours envisageable en cas de TMS ?
C.M : Non, bien sûr. Mais on a tout de même de grandes marges de manoeuvre. Lorsque l'état médical est vraiment très alarmant avec des problèmes moteurs importants auxquels s'ajoute un préjudice esthétique qu'il faut savoir entendre sur le plan psychologique, il est fondamental d'écouter les principaux concernés.
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