La formation des salariés dans les TPE
La formation professionnelle continue (FPC) au sein des TPE est un paradoxe ! Les constats en la matière sont, pêle-mêle, « mettre en place un plan de formation c’est compliqué » ; « l’obligation de financement de la FPC est perçue comme un impôt supplémentaire » ; « un salarié en formation n’est pas un salarié productif… ». Ce sont certes des situations existantes mais qu’il ne faut pas généraliser.
En effet, la formation professionnelle est étroitement liée à la nature et à la spécificité des TPE. Ainsi les entreprises artisanales sont des acteurs majeurs de la formation, notamment au moyen du contrat d’apprentissage, et les pratiques de tutorat y sont bien intégrées. Surtout, les TPE constituent toujours des lieux privilégiés pour la transmission de savoirs et de savoir-faire : des pratiques de formation informelles et dont résultent des apprentissages « spontanés ». C’est ici que situe le paradoxe : un déficit de recours aux dispositifs de formation de la part des TPE alors même qu’elles sont des « entreprises formatrices »… Pourquoi les dirigeants de TPE profitent-ils aussi peu de leurs obligations de financement ?
La méconnaissance des dispositifs (VAE, DIF, Plan de formation…) est une partie de la réponse. Le schéma de la « reproduction » en est une autre : un chef d’entreprise autodidacte, « formé » par la capitalisation de l’expérience acquise au quotidien, va privilégier ce mode de perfectionnement pour ses salariés. A contrario, un chef d’entreprise dont les ambitions ont été portées par des périodes de formation va s’engager plus avant dans l’investissement formation pour ses salariés. Enfin, les formations dont les retours sur investissement sont immédiats seront privilégiées. Le temps de formation devant être indispensable à la croissance et ne pas « bloquer » l’outil de production. Il en résulte l’utilité (ou pas) d’une action de formation.
Source: Agir-mag.com
Octobre 2008
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