La Lutte contre les discriminations
On entend par « discrimination » une inégalité de traitement fondée sur un critère prohibé par la loi comme l'âge, le sexe, l'orientation sexuelle, l'origine, l'apparence physique, le handicap, l'état de santé, les opinions politiques ou religieuses, l'activité syndicale. Plus de la moitié des réclamations reçues par la Halde concernent l'emploi (privé et public), plus particulièrement le recrutement et le déroulement de carrière (dans 60% des cas), par exemple l'accès à la formation et la rémunération.
Agir Mag. : Quelles sont les principales causes de la discrimination à l'emploi ?
Stéphanie Seydoux : La première tient sans aucun doute à l'ignorance du droit. Certains chefs d'entreprises ne sont pas informés sur le fait qu'il est interdit, par exemple, de refuser une promotion au motif qu'une personne a un certain âge. Et puis il existe encore beaucoup de préjugés, par exemple penser que l'on va rendre service à une femme en évitant de lui proposer une promotion, au prétexte qu'elle va devoir assumer une charge incompatible avec sa situation de famille.
Agir Mag. : Quels sont vos moyens d'action?
S.S : Le droit est l'arme principale de la Halde dans l'accomplissement de nos deux missions : le traitement de la réclamation en vue de la réparation et la correction a posteriori des situations qui se sont déclarées ; et la prévention, par l'information et la sensibilisation des dirigeants et responsables des ressources humaines. Notre approche consiste à s’adresser à ceux qui sont dans une position hiérarchique clé : soit ayant le pouvoir de discriminer, soit au contraire de garantir l'absence de discrimination.
Agir Mag. : Où situez-vous votre mission d'information ?
S.S : C'est notre premier champ d'action. C'est justement dans le domaine de l'emploi que nous avons le plus avancé dans ce travail d'information, puisque depuis 2006, nous dialoguons avec les entreprises dans une démarche qui consiste d'abord à nous assurer que les décideurs sont bien informés sur tout ce qui touche à la discrimination, et deuxièmement en analysant leur fonctionnement, pour rédiger un guide de bonne pratique.
Agir Mag. : Que sont les « bonnes pratiques » ?
S.S : Il peut s'agir de procédures objectivables mises en oeuvre au niveau du recrutement, pour la réception, le choix des CV et l'organisation de l'entretien d'embauche. On peut aussi avoir des mesures plus ciblées en direction d'entreprises qui s'efforcent d'assurer le bon accès des femmes à la formation, et qui vérifient que ces salariées ne sont pas victimes de discrimination sur ce plan.
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