Développement durable où en sommes-nous ?
Un engagement dans le développement durable permet de diminuer la fragilité d’une entreprise face à la hausse du prix de l’énergie, anticiper les contraintes réglementaires, mettre en place un projet fédérateur, renforcer sa pérennité, maîtriser les coûts, obtenir de nouveaux marchés et la reconnaissance de ses clients, agir globalement sur le système de management et améliorer la communication interne comme externe et agir pour l’environnement…
Interview Express
Anthony Kergosien - Directeur – Auxilia
Conseil en projets de développement durable
Agir Mag : Le concept de développement durable est de plus en plus connu, mais le « passage au durable » est-il selon vous en bonne voie ?
Anthony Kergosien : Le concept est de plus en plus connu, c’est un fait. Il est très largement médiatisé. Il fait également écho à des questions qui interpellent le grand public comme les entreprises : vulnérabilité économique, coût de l’énergie… Désormais, les entreprises ne peuvent plus faire l’économie de la réflexion. Au-delà de vouloir « prendre le train en marche », il s’agît de savoir comment le prendre…
Agir Mag : Justement, quel est le préalable à toute démarche de développement durable dans l’entreprise, et en particulier dans les PME ?
A.K : Quatre leviers sont essentiels : la « conviction » de l’équipe dirigeante, c’est-à-dire une vision à la fois politique et stratégique qui doit porter la démarche en interne et lui donner du sens ; la déclinaison opérationnelle de cette vision en termes de conduite de projet (diagnostic – stratégie – plan d’actions – évaluation) ; l’implication des parties prenantes en interne comme en externe, autrement dit promouvoir une démarche participative basée sur l’innovation des échanges et la mise en réseau ; enfin, l’amélioration continue en termes de logique d’évaluation et de partage des résultats.
Agir Mag : Sur un plan méthodologique, faut-il plutôt raisonner « globalement » ou « thématiquement » ?
A.K : Il s’agit plutôt de penser en « niveau de maturité » de l’entreprise. On distinguera les entreprises « novices », les entreprises « pragmatiques » et celles qui sont « pionnières ». Pour les premières citées, on parle davantage de changement des pratiques, qui repose sur une dynamique de sensibilisation et de formation (par exemple, les écogestes). Dans le deuxième cas, on va se positionner sur des approches telles que les achats responsables, les Plans de Déplacements d’Entreprises ou encore le bilan carbone®. Concernant les entreprises pionnières, moins nombreuses, c’est l’évolution du système global que l’on appréhende, autrement dit l’évolution du modèle économique et des métiers. L’écologie industrielle ou la création de filières mixant innovations technologiques et sociales en sont des exemples. Le développement durable révèle alors l’une de ses facettes les plus intéressantes : la capacité à construire un dialogue renouvelé et à créer de nouveaux partenariats entre les entreprises mais aussi entre les entreprises et les territoires.
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