Attention au monoxyde de carbone !
Le Ministère de la santé et des sports ainsi que l’Institut national de prévention et d’éducation à la santé (Inpes) ont lancé une nouvelle campagne de prévention des intoxications au monoxyde de carbone. Ce dispositif prévoit la diffusion de spots radio cet hiver et la mise à disposition d’un dépliant qui informe le grand public des dangers du monoxyde de carbone…
Interview Express
Dr. Thanh Le-Luong
Directrice générale
INPES
Agir Mag. : Qu’est-ce que le monoxyde de carbone et quelles peuvent être ses conséquences pour la santé ?
Thanh Le-Luong : Le monoxyde de carbone (CO) est un gaz asphyxiant invisible, inodore et non irritant. La densité du CO est voisine de celle de l’air, il se diffuse donc très vite dans l’environnement. Le monoxyde de carbone est très toxique car il prend la place de l’oxygène dans le sang. Il existe deux types d’intoxications : les intoxications dites « chroniques » et celles dites « aiguës ». L’intoxication aiguë, qui entraîne une intervention des secours en urgence, se manifeste par des vertiges, une perte de connaissance, une impotence musculaire, voire un coma et le décès. L’intoxication chronique est plus difficilement détectable. Elle entraîne des maux de tête, des nausées, une confusion mentale et peut provoquer, à la longue, des troubles cardiaques ou respiratoires. Les personnes gardent parfois des séquelles à vie : migraines chroniques ou bien dépendances neurologiques invalidantes (troubles de la coordination motrice, paralysies de toutes formes).
Agir Mag. : Quelles les sources de dangers ?
T. L-L. : Près de neuf épisodes d’intoxications sur dix (87 % en 2007) ont lieu dans l’habitat. Mais des cas ont aussi été recensés en entreprise. Les sources pouvant émettre du monoxyde de carbone correspondent aux différents appareils à combustion (chaudières et chauffe-eau, poêles et cuisinières, convecteurs fonctionnant avec des combustibles, appareils de chauffage fixes ou d’appoint, braseros et barbecues, cheminées et inserts, groupes électrogènes ou pompes thermiques, ou encore des engins à moteur thermique…). Les données du système national de surveillance de l’Institut de veille sanitaire montrent que la chaudière est la source la plus fréquemment mise en cause (42,4 % des cas d’intoxications).
Agir Mag. : Comment prévenir les risques d’intoxication ?
T. L-L. : Il est recommandé de faire vérifier et d’entretenir les installations de chauffage et de production d’eau chaude ainsi que les conduits de fumée. Ces contrôles doivent être effectués chaque année par un professionnel qualifié. Par ailleurs, il est conseillé d’aérer tous les jours, au moins 10 minutes et de maintenir les systèmes de ventilation en bon état de fonctionnement (il ne faut jamais obstruer les entrées et sorties d’air). Enfin, il faut toujours respecter les consignes d’utilisation des appareils à combustion prescrites par le fabricant : ne jamais faire fonctionner les chauffages d’appoint en continu ; placer impérativement les groupes électrogènes à l’extérieur des bâtiments et ne jamais utiliser pour se chauffer des appareils non destinés à cet usage.
Plus d’info : www.inpes.sante.fr
Source : Agir-mag.com / Décembre 2009
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