Les Troubles Musculo-Squelettiques
Suivant une progression d’environ 20 % par an ces 10 dernières années, les troubles musculo-squelettiques (TMS) constituent la première cause de maladie professionnelle reconnue en France. De l’industrie aux services tous les secteurs d’activité sont concernés…
Les TMS sont devenus les principales maladies d’origine professionnelle en Europe et constituent aujourd’hui l’une des priorités dans la prévention des risques professionnels. Cependant, la relation entre TMS et situation de travail est complexe, d’où la difficulté de mettre en œuvre de actions de prévention efficaces au sein des entreprises…
De quoi parle-t-on ?
Les TMS recouvrent un ensemble d’affections caractérisées par la douleur au niveau de l’appareil musculosquelettique : les articulations, les tendons, les muscles et les nerfs des membres supérieurs et inférieurs, le dos et le cou. L’appellation « TMS » va alors désigner un certain nombre de pathologies péri-articulaires qui peuvent être d’origine professionnelle ou pas. La douleur indique qu’une capacité fonctionnelle est touchée et traduit un déséquilibre entre cette capacité et les exigences d’une situation.
• des causes multifactorielles
L’origine des TMS est souvent multifactorielle. La majorité des études épidémiologiques montrent une imbrication de facteurs biomécaniques, organisationnels et psychosociaux dans l’apparition de troubles en milieu professionnel. Toutefois l’incidence de facteurs individuels ou extraprofessionnels joue également un rôle dans leur survenue.
• du trouble à la lésion
La douleur est le symptôme courant des TMS. Mais une diversité de « signes » (fatigue musculaire, engourdissement, picotements) peut être à l’origine de douleurs avant d’être le résultat d’une lésion. Les conséquences d’une lésion sont des restrictions et des incapacités pour les cas les plus graves (handicaps à vie, inaptitude). Il existe aujourd'hui cinq tableaux ouvrant la reconnaissance des TMS comme maladies professionnelles : affections péri-articulaires provoquées par certains gestes et postures de travail (MP57) ; affections provoquées par les vibrations de certaines machines outils (MP 69) ; lésions chroniques du ménisque (MP 79) ; affections chroniques du rachis lombaire dues aux vibrations (MP 97) ou aux charges lourdes (MP 98).
• les TMS d’origine professionnelle
Les TMS d’origine professionnelle les plus répandus sont la lombalgie et le syndrome du canal carpien qui représente environ 50% des TMS des membres supérieurs reconnus comme maladies professionnelles. L’Agence européenne pour la santé et la sécurité au travail (OSHA) a définit un cadre des TMS d’origine professionnelle : les inflammations des tendons, notamment dans l’avant-bras et le poignet, le coude et les épaules, dans les professions impliquant des périodes de travail répétitif et statique prolongées ; les douleurs et troubles fonctionnels des muscles (myalgies), survenant principalement dans la région du cou et des épaules, dans les professions impliquant des postures de travail statiques ; la compression des nerfs intervenant en particulier dans le poignet et l’avant bras ; les dégénérescences de la colonne vertébrale, notamment pour les travailleurs pratiquant la manutention manuelle ou des tâches physiques pénibles.
Les facteurs de risques
• les facteurs organisationnels
L’amélioration de la productivité et de nouvelles formes organisationnelles (gestion à flux tendu, principe du juste à temps) ont entraîné plusieurs conséquences en termes de densification du travail : réduction des délais, accélération des cadences et diminution des temps de récupération. Parallèlement, l'automatisation partielle des procédés de fabrication a accru la répétitivité des gestes restés manuels et contribué à limiter les marges de manœuvres des opérateurs.
• les facteurs biomécaniques
Les facteurs biomécaniques recouvrent la répétitivité des gestes, les efforts excessifs, la position statique prolongée et les postures articulaires contraignantes. Le critère retenu par l’OSHA pour évaluer la « répétitivité » est celui de « mouvement identiques ou comparables effectués à intervalles de quelques secondes ».
• les facteurs psychosociaux
La raison psychosociale des TMS s’explique généralement par le « stress ». Tel que le souligne François Hubault, il faut entendre ici le stress comme « un syndrome de débordement » qui fait que la personne « perd le contrôle de son propre geste ». Il en résulte une « tension incarnée » qui agît après coup sur l’appareil biomécanique. Les raisons de ce débordement sont la répétitivité des mouvements et la diversité des gestes qui font qu’un opérateur ne « s’appuie plus sur un geste protecteur » car la diversité convoque sans possibilité de les anticiper, en temps réel, des gestes qu’il n’a plus le moyen de rendre « sûrs ». C’est à ce niveau que les mécanismes stresseurs peuvent s’enclencher et se métaboliser dans les articulations.
• les facteurs individuels
Les facteurs de risque individuels englobent un caractère intrinsèque et extrinsèque. Dans le premier cas, il s’agît du patrimoine génétique d’un individu et de ses antécédents médicaux. Ainsi, il est admis que le diabète ou une fracture du poignet sont des facteurs de risque du syndrome du canal carpien. De même, la grossesse ou la ménopause peuvent favoriser l’apparition de TMS chez les femmes. Par ailleurs, l’âge entre aussi en ligne de compte car la capacité fonctionnelle et la force musculaire diminuent avec le vieillissement. Dans le deuxième cas, il s’agît de facteurs à risque liés à l’environnement de l’individu, ses modes de loisirs (pratique d’un sport ou d’un instrument de musique) ou ses activités domestiques (bricolage, jardinage, etc.).
La rédaction d'Agir-mag.com
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